La lecture du livre de Déborah V Brosteaux « les désirs guerriers de la modernité » m’a inspiré
quelques réflexions sur l’actualité internationale et nationale.
Après les frappes préventives menées par Israël contre des installations de développement de
l’arme nucléaire en Iran, la France vient de déclarer qu’Israël « a le droit de se défendre ».
Au-delà de la violation du droit international qui n’autorise pas l’attaque préventive, cette
attaque s’inscrit en totale contradiction avec les efforts diplomatiques menés par l’UE et
l’accord de Vienne (2015). Certes, D Trump en est sorti mais une reprise des relations s’est
engagée récemment.
Il faut rappeler que le Hamas a voulu justifier son attaque du 07 octobre 2023 par le risque
que faisaient courir, pour la Palestine, les accords d’Abraham qui visaient à normaliser les
relations entre Israël et les pays arabes.
De même V Poutine justifie son agression contre l’Ukraine par le risque que faisaient courir,
pour la Russie, les discussions d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et l’UE.
On peut nommer autrement ce type d’agissement : Un désir d’agir coûte que coûte, désir
guerrier en l’espèce.
Les agissements récents, raciste dans le Var par un homme de 55 ans, ou contre une
surveillante de collège par un jeune collégien, semblent inspirés par un désir d' »agir » en
dehors de toute considération de la vie humaine, du droit et des règles de vie en société,
notamment l’idée que la résolution des contradictions se fait par le progrès politique
démocratique .
Comment ne pas rapprocher ce type d’action du climat politique français créé par
l’affirmation de l’impuissance des gouvernants et donc la nécessité d’agir en prenant des
mesures fortes, sous entendu radicales, quitte à remettre en cause l’Etat de droit. Il faut « agir »
à l’instar de G Meloni qui veut « exporter » les migrants, de D Trump qui envoie l’armée en
Californie au mépris du droit…
Pour revenir à l’Ukraine, certes il faut agir pour empêcher l’agresseur de gagner contre les
choix du peuple Ukrainien et nous menacer ensuite. L’action doit se mener dans le respect du
droit international, lui-même le fruit du progrès politique majeur de l’après seconde
guerre mondiale, notamment la charte de l’ONU et la création de l’UE.
L’UE, fruit de la volonté de réconciliation et de construction politique d’une nouvelle façon de
conduire les relations entre les pays doit inspirer le comportement futur.
L’UE doit s’interdire l’esprit guerrier nationaliste dans sa réaction nécessaire à l’agression
russe. La coopération européenne doit être exemplaire aux yeux de tous les citoyens,
européens, bien sûr, mais du monde entier également.
Christian Tabiasco
Président du Mouvement Européen du Morbihan
