Que penser des positions prises récemment par les personnalités politiques et autorités morales qu’ elles soient internes ou externes à l’Union Européenne (UE) ?
D’une part, on peut se réjouir que des acteurs extérieurs tels que le Roi d’Angleterre, le Premier ministre canadien ou le Pape Léon en appellent au respect de la dignité humaine et au réveil de l’Europe en se référant aux valeurs de l’UE.
D’autre part, le président Zelensky célèbre des personnalités qui se sont certes illustrées dans la lutte contre le régime soviétique qui martyrisait le peuple ukrainien mais qui ont mené des actions contestables à l’égard du peuple polonais et des juifs pendant la seconde guerre mondiale. La Présidente de Moldavie exprime l’idée de fusionner la Moldavie et la Roumanie pour intégrer l’UE. L’UE veut permettre aux Etats de créer des centres de rétention dans des pays éloignés pour les personnes refoulées du droit d’asile et l’UE couche les pouces face aux Etats-Unis qui imposent des droits de douane de 15 % .
Qu’y a-t-il de commun susceptible d’expliquer ces prises de position. Bien sûr, il y a des particularismes notamment en Ukraine qui est en guerre. Malheureusement les faits de guerre ne sont jamais brillants. Mais, comme pour la Moldavie, l’UE tergiverse dans les démarches d’intégration amenant les responsables à prendre des positions provocantes.
La frilosité de l’UE la conduit à des décisions également peu brillantes. L’organisation interétatique rencontre désormais beaucoup de limites. Les Etats confrontés aux peurs de leurs peuples imposent des positions faibles ou de pure communication. Qui peut croire que des centres à l‘étranger vont régler le problème de l’immigration ?
Au contraire cette impuissance risque de développer encore plus de peur et de méfiance à l’égard de l’UE.
Il est vraiment temps que l’UE lève les blocages qui la paralysent et cesse d’attendre que les vétos se lèvent au fil des élections dans les pays membres. Elle est seule en mesure d’associer la puissance de son poids démographique et économique à la puissance de ses valeurs et principes pour agir, être respectée et donner confiance dans l’avenir.
Les échéances françaises à venir doivent nous conduire à exprimer les enjeux et menaces qui nous guettent et porter un message positif.
Christian Tabiasco
Président du Mouvement Européen du Morbihan

